Partager l'article ! Ma visite des potières avec Agnès au début d'avril 2009: Par Myriam Van Calster, céramiste en Belgique : ...
Par Myriam Van Calster, céramiste en Belgique :
Le 24 avril 2009, je suis partie au Maroc. Destination Casablanca et ensuite Rabat. J'avais rendez-vous avec Agnès Couplet
de l'Association "Terres des Femmes". Nous sommes parties le lendemain avec son 4-4. Direction : Kenitra, Sidi Sacem, Ouezane, Aïn Barda, Rafsaï, Taounate.
(au-dessus de Fez). De là, nous avons silloné la région à la recherche des potières. L'une d'entre elles, nous accompagnait ainsi qu'une interprète. Nous logions à Dlimlet
chez Naïma Zouita. Nous avons été extrêmement bien accueillies : thé à la menthe et pain fait maison arrosé d'huile d'olive (bio et première pression à froid !)et cela à chaque
rencontre, quand ce n'est pas tout un repas improvisé pour nous. Gentillesse, générosité, courage et bonne humeur sont au rendez-vous.
Le climat est déjà très chaud, les pistes difficiles (elles ont été fort abimées par les pluies du dernier hiver, les potières habitent parfois très loin de ces pistes. Il faut accéder à pied par des chemins tortueux et escarpés. Descendre et puis remonter... avec les pots !
cuisson
Les potières extraient l'argile des montagnes environnantes. C'est à dos d'âne que cette argile est acheminée vers leurs lieux
d'habitation. Vient ensuite le long travail de préparation de la terre. L'argile est humidifiée, il faut parfois aussi aller chercher l'eau au-delà de son habitation. Et puis il
faut travailler la terre pour la rendre malléable. Elles y incorporent de la chamotte faites de morceaux de poteries concassées.
La cuisson est réalisée dans des fours en plein air. Ce sont de simples trous sur lesquels sont mis des branchages ou des bouses des vaches séchées, ensuite les poteries y sont couchées, recouvertes de branchages ou autres combustibles trouvés sur place. Les cuissons sont relativement courtes (par rapport à nos cuissons électriques ou au gaz) et atteignent des températures de 650 à 700°. Ces poteries restent donc relativement poreuses. Elles subissent des "coups de feu" , ce sont des traces noires laissées par les flammes qui viennent parfois "lécher" la poterie. Il y a aussi de la casse et des défauts dans les engobes naturels (à base de plantes) qu''elles utilisent. Mais, ces "défauts" font aussi le charme de ces poteries.
Les potières sont souvent des femmes âgées. Elles hésitent à continuer de travailler la terre car leur travail n'est pas vraiment reconnu ! Elles se font parfois "rouler" par des intermédiaires ou marchands peu scrupuleux qui leur paient très peu leur production mais la revendent beaucoup plus cher dans des galeries d'antiquaires à Marrakech.
Agnès Couplet a créé l'association TERRES DES FEMMES. Par son intervention et le prix correct auquel elle rachète les poteries aux femmes potières, celles-ci, en confiance, se remettent à travailler et ce qui fait partie du patrimoine artistique marocain est ainsi maintenu et sauvegardé.
Le travail de ces femmes méritantes et courageuses est ensuite vendu à Salé dans le complexe des potiers et dans une maison typique à la Kasbah des Oudayas (Rabat) par les vendeuses de l'Assocation "Terres des Femmes".
Ruelle proche du nouveau magasin de la Kasbah des Oudayas.
Un peu de détente sur la plage au sud de Rabat après un voyage éprouvant mais fertile en
rencontres et découvertes !
Merci:
Salut. Felicitations por blog!
Vous avez travaillé beacoupe!
Laura, votre elève.