Jeudi 23 novembre 2006
Association pour la préservation et la sauvegarde de la poterie rurale féminine du Nord du Maroc

La poterie rurale féminine du Nord du Maroc est attachante par son authenticité, son archaïsme et sa naïveté mais surtout parce qu'elle est un témoignage vivant de l'histoire ancienne du Maroc.

Le but de notre association est de préserver ce patrimoine et d'aider les femmes potières que nous rencontrons dans leur douar de montagne difficile d' accès en les faisant connaïtre, en encourageant leur production par un juste prix et en leur cherchant de nouveaux débouchés.

Notre démarche qui valorise et encourage ce travail a déjà permis a quelques potières d'améliorer les conditions de vie de leur familles.

Certaines ont acquis un téléphone portable, d' autres ont construit une chambre d'hôtes, voir transforme leur maison en gîte.

Progressivement, nous tentons de répondre a leurs besoins. Ainsi, nous sommes amenés a leur apprendre a se servir d'un mètre, a tenir un cahier de commande et un facturier. A leur demande, nous envisageons des cours d' alphabétisation. Nous avons fait appel a une autre association pour rouvrir une école.

Notre boutique d'exposition qui ne fonctionne qu'avec nos membres , tous bénévoles, dans Ie complexe des potiers d'Oulja-Sale, près de Rabat, connaît un nombre croissant de visiteurs. N'hésitez pas a venir nous rencontrer !

En acquérant une poterie, vous aiderez a la survie des femmes potières dans Ie Maroc rural et vous sauvegarderez un savoir faire unique, sinon bientôt disparu.

par Terres des femmes publié dans : terresdesfemmes
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Lundi 13 novembre 2006
Au départ, assistante familiale et céramiste de profession, j’ai eu un coup de cœur en découvrant tout à fait par hasard des poteries rurales dans la région du Zerhoun.
Par la suite, j’ai fait la connaissance de ces potières et du livre de M. Berrada sur «  La poterie féminine » Ed. P&M.
Je me suis alors de plus en plus intéressée à la poterie rurale dans le Nord et le Sud du Maroc et me suis aperçue qu’elle était en voie de disparition.

Ayant eu l’opportunité d’enseigner la poterie aux enfants des écoles, j’y ai ajouté un cours « La poterie, le Maroc, toute une histoire ».
Une exposition de cette poterie me fut proposée et rencontra un grand succès. D’où me vint l’idée d’ouvrir une boutique et de parcourir tout le Nord à la recherche des dernières potières.
Progressivement des volontaires sont venus, d’où la création d’une Association : «  Terres des Femmes ».

Actuellement nous visitons une centaine de potières. Elles sont le plus souvent âgées ou veuves et mères. Certaines avaient abandonné la poterie, d’autres étaient sur le point d’abandonner. Nos visites régulières et l’achat de leur production les encouragent à continuer. Très vite nous avons pu observer une amélioration de leurs conditions de vie : agrandissement et aménagement de leur maison, création d’une chambre d’hôte, voir transformation en gîte avec stage de poterie.
Les jeunes filles préférant la broderie, nous leur apportons tissus et coton de qualité, leur apprenons à améliorer la finition et leur donnons des idées nouvelles. D’autres tissent la paille et nous sommes à la recherche de nouveaux modèles.

A présent, notre coup de cœur se porte autant sur la poterie que sur le vécu de ces femmes potières et leur famille.
Notre soucis est de les encourager à améliorer leur travail afin d’en obtenir un meilleur salaire mais aussi de faire en sorte qu’elles transmettent leur savoir-faire aux jeunes.

       Agnès pour « Terres des Femmes »
par Terres des femmes publié dans : terresdesfemmes
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Lundi 13 novembre 2006
La poterie de Zerhana
Les potières des Douars Beni-Meraz et Beni-Amar sont peu nombreuses.
Leur poterie est cependant intéressante.
La terre, qui demande une longue préparation, est de bonne qualité.
La poterie, façonnée à partir d'une motte et de gros colombins, est lissée au galet à Beni-Meraz.
La décoration est dessinée avec le jus de la gousse de caroubier ou avec le jus du fruit du lentisque ou encore avec une préparation obtenue à partir d'une pierre contenant du manganèse. Elle est faite de dessins linéaires - triangles, chevrons, croix, points cercles - et suggère les champs, les épis, l'arbre, le soleil, l'eau, la montagne...
Le four rudimentaire à l'air libre est une simple excavation dans le sol.
A Beni-Meraz, Aïcha et surtout Saïdia el Kebir, avec l'aide de ses enfants, continuent à façonner des pièces de qualité: jarre à eau, cruche, marmite, vase à traire, baratte à beurre, brasero, en fumoir, tasse, pots divers.
Dans la région de Beni-Amar d'anciennes potières se remettent à l'ouvrage sur commande. Au Douar Dar'n Ser, Aïcha Temsamani, Radija et surtout Halima sont très créatives et produisent énormément, entraînant et transmettant à d'autres leur savoir-faire. Jarres et pots en tous genres, enfumoirs, braseros et aussi grandes vasques
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Lundi 13 novembre 2006
La poterie de Beni Mezguilda
Aux Douars de Tarfania et de Slit, nombreuses sont les potières.
Leur travail fait renaître des formes parfois révolues ou en crèe de nouvelles, toujours bicolores, aux colorants naturels, noirs ou rouges sur engobe blanc, mais elles gardent intactes leurs habitudes de travail et les techniques ancestrales de façonnage et de cuisson.
Ces femmes décorent presque la totalité des surfaces avec des motifs très variés.
Elles n'hésitent pas à agrémenter les cruches par des rajouts en relief et des incisions.
Leurs jarres bien décorées et de toutes dimensions sont recherchées par les Espagnols.
Au Douar de Tarfania, Cherifa el Hassane a créé une association qui distribue les commandes aux sept potières du village.
Au Douar Slit, de très nombreuses femmes travaillent avec succès des jarres mais aussi de petits objets.
Chez les Baraka, 4 à 5 femmes travaillent ensemble. Rama Dérèse s'est spécialisée dans les très grandes jarres et Fatma Bouali dans les petites pièces soigneusement décorées.


La poterie des Beni-Mestara
De plus en plus nombreuses sont les femmes qui travaillent dans le Douar Gueriza .
Douar important mais dont les conditions de vie sont médiocres.
Mmes Chérifa Housmi, Zara et Radija el Mazi, Rhama Chiribe M'zidia, Cherifa Rhibez et Tama Dahoul façonnent une poterie qui. se rapproche de celle de Beni-Mézguilda, mais dont les motifs de décoration orange et noir sur fond blanc sont plus simples : petits points et traits.
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Lundi 13 novembre 2006
La poterie de Sless
Les Sless sont originaires d'Andalousie. Ils se sont installés à Salé mais un de leur chef a préféré revenir dans cette région d'où le nom de Sless, dérivé de Salé.
Dans les Douars Moulay Bouchta et Zrola, les femmes potières étaient autrefois nombreuses (90) actuellement il en reste peut-être une dizaine. Leur travail a bien décliné aussi. Autrefois cette poterie était très recherchée pour sa décoration très fine et fournie qui couvrait la totalité de la surface. Actuellement les femmes potières ne gardent de leur principal graphisme que les gros traits verticaux et les chevrons. Le travail est devenu assez grossier, la matière est épaisse et les formes peu variées ne sont pas toujours bien finies. La potière blanchit d'abord sa pièce avec un engobe fait de terre blanche diluée dans l'eau. Cet engobe devient orangé et vire au rouge avec le temps. Sur celui-ci, elle applique du noir (galène), de l'ocre (argile).
Au Douar Zrola, Fadila Bent Mohamed, une femme âgée, est heureuse quand elle a une commande.
Au Douar Sebt-Kelaa Sless, dont l'accès difficile se fait à dos de mulet, les potières sont d'un âge avancé.
L'acquisition de la terre n'est pas aisée. L'argile est faite du brassage d'une argile qui vient d'assez loin avec une petite quantité d'une autre plus proche et d'une poudre faite de terre cuite broyée (chamotte).


La poterie de M'Tioua (Taounate-Louta)
Ici aussi, les femmes sont de moins en moins nombreuses à façonner bien qu'elles aient imaginé un four étonnant et bien pensé.
La plupart habite dans la montagne dans des lieux isolés des routes. Le Douar Taounate Louta, accessible par une mauvaise piste à flanc de colline, était autrefois entièrement voué à la production de la poterie.
Aujourd'hui, quelques femmes âgées en font encore : Aïcha Amoudi, Rhadïa Bent Rhama et Fatma Zeroki. Elles ne travaillent que sur commande.
Aïcha est maintenant âgée et a cessé de fabriquer. Son travail très fin et sa technique vont disparaïtre avec elle.
Par contre une jeune fille de Dlimet, Naïma Zouita, essaye, avec bonheur, de créer de nouvelles formes : vasques ou vases tous différents et originaux. Les deux argiles utilisées sont extraites des environs du douar et ramenées à dos d'âne. Les pièces sont recouvertes d'un engobe blanc et la décoration est bien spécifique : bicolore, orange-rouge et brun d'origine minéral ; elle combine le point et la ligne, parfois des chevrons répétés ou un quadrillage de filets plus fins formant un triangle. Cette poterie, unique en son genre, est à encourager afin qu'elle ne soit pas perdue.

La poterie des Beni Oulid
Au Douar Bouadel, les femmes sont originaires des M'tioua.
Fatna Nuino et Fatna Anari Bent El Hassan façonnent de grandes cruches et jarres à larges ouvertures aux formes nouvelles et aux motifs marrons et noirs sur engobe blanche qui semblent avoir été inspirées par de nouvelles techniques venues d'ailleurs.



La poterie de Meziate - Mezraoua

Le brassage dans la ville de Taounate avec d'autres tribus a permis aux femmes Mina Bent Abdahla et Fatna Bent Ahmed Bent Ali de se libérer dans l'inspiration des formes et des décors.
Cette autonomie vis-à-vis des teintes utilisées traditionnellement a permis l'introduction, d'une part, de la polychromie et, d'autre part, d'une liberté d'expression dans les formes et dans le décor qui ne se réfèrent plus à l'appartenance tribale.

La poterie de Jaïa (Aïn Berda) et des Beni - Zeroual
Ces poteries sont parmi les plus originales. Leurs formes et leurs décorations aux couleurs pastel sont très raffinées.
Au Douar Dhracheb, Aïcha Imri bent Abdelkarim habite une maison troglodyte.
Au Douar Aïn Berda, Maria Saïd et Jaîa de la tribu des Zéroual travaillent ensemble.

La poterie de Tsoul (Taza)
C'est l'une des plus belles du Maghreb, elle rappelle celle de la Kabylie.
Le travail réalisé actuellement est original et souvent soigné. Décor fait de 3 couleurs: noir (manganèse), ocre-rouge (oxyde de fer ou argile locale) ou orange, sur un engobe blanc.
Motifs faits de losanges, de triangles, de chevrons et de traits courts et répétés. Mais aussi de nombreux animaux modelés ou peints sur les pièces.
De belles pièces sont produites: aiguières, vases, braseros toujours décorés d'animaux.
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Lundi 13 novembre 2006
La poterie de Ghzaoua
Elle se rencontre dans le Douar d'Aïn-Kobb qui est niché sur une hauteur et comprend quelques maisons, les unes surplombant les autres. Deux femmes agées y travaillent encore la poterie.
Menana et Khadouje utilisent un engobe blanc sur l'extérieur de sa poterie qu'elle décore de deux motifs géométriques et bicolores repris par toute la tribu. Parfois elles y ajoutent des incisions ou du relief en rajoutant de l'argile après séchage sur le périmètre des grandes pièces ou le goulot des cruches.
La cuisson se fait dans une excavation au sol durant à peu près deux heures.
Dans le Douar Dhar, AïchaTachti, veuve et mère de six enfants s'est remise à façonner avec ses deux filles de petites pièces qu'elle vend à Chefchaouen. Sur commande, elle réalise de grandes jarres, pourvu que l'on vienne les chercher car elle n'a pas la possibilité de les transporter.


La poterie de Beni-Saïd (Oued Laou)
La région a deux souks très importants : Beni-Saïd et Oued Laou.
Le Douar Ifrane-Ali, abrite environ 60 familles éparpillées sur trois collines autour d'un affluent de l'Oued Laou. Tout le douar vit de la production de poteries dont l'argile est de très bonne qualité. Toutes les femmes sont potières des plus âgées aux plus jeunes. Elles façonnent une poterie simple, lissée au galet, sans décor peint, mais avec un décor en relief fait d'entailles, réalisées au doigt ou avec un outil, de traits courts et droits ou formant des zigzags ou des points. Les formes sont très variées et parfois à vocation touristique. Parmi les potières, citons : Assia Izri, Rama Ilkadoum, Rachida Bouzerèse.
Les hommes se chargent de l'extraction de l'argile fine à laquelle il mélange du mica noir trouvé en couche sous la terre. Ils s'occupent aussi du concassage, du trempage, du séchage et enfin du tamisage. Ils rapportent aussi le combustible (branches de lentisque et bois de pin) pour les fours assez performants. Ceux-ci sont traditionnellement construits en terre argileuse et sont assez spacieux pour introduire le combustible et des dizaines de pièces par une ouverture à la base assez large. Le four comprend deux autres ouvertures latérales au-dessus de l'entrée et une troisième au sommet pour l'évacuation de la fumée. La cuisson dure 5 à 6 heures.
Une fois la production prête, les hommes participent au transport dans tout le pays et aux transactions commerciales. Les quantités exposées en permanence sur les routes du Nord, dans les villes du pays et à l'étranger, font croire à une poterie industrielle. Mais cette poterie est bien féminine et n'utilise aucune technique moderne, ni dans sa réalisation, ni dans sa cuisson, ni même dans sa commercialisation. Malheureusement ces potières en profitent bien peu, vu les prix d'achat dérisoires et irrationnels
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Lundi 13 novembre 2006
La poterie de Beni-Ouriaghel
Dans cette région les femmes ont leur propre souk dont les hommes sont exclus. Elles sont organisées en association (Association ATAF - Forum de femmes d' Al Hoceima) où elles se rencontrent, partagent leurs expériences et discutent de leurs problèmes liées à la santé, à la propreté et à la connaissance des droits de la femme.
Il existe aussi une Association et un Centre de Formation et de Développement Artisanal à Idadouchen.
L'argile est de très bonne qualité. La poterie montée aux colombins est très fine et les formes sont raffinées.
Le décor est très fourni et recherché. Les pièces sont décorées au jus de lentisque qui, après cuisson, vire au brun foncée brillant. Ce sont ces potières qui reproduisent inconsciemment, tantôt un bateau (galère) et un rameur, tantôt une rame ou une voile ou simplement un oiseau stylisé à l'extrême. Ce graphisme a probablement une origine grec ou phénicienne correspondant peut-être au périple d'Hannon, amiral qui accosta vers 450 avant J.-C. sur les côtes méditerranéennes et dont les marins se mêlèrent à la population locale pour échanger des marchandises, installer quelques marchands et établir un comptoir commercial

La poterie de Beni-Boufra
Les potières sont peu nombreuses mais soutenues par l'Association d'AI-Hoceima.
Les poteries rares ne se réalisent que sur commande ; le façonnage et la matière sont de bonne facture et le décor monochrome, bien spécifique, est minéral. L'arc de cercle, assez rare, se retrouve ici être la principale forme graphique.
Le Douar Aït Qamra a été démoli par le séisme ainsi que les douars voisins. Ces douars et les potières ont tous été soutenus par l'Association ATAF.
















La poterie de Bokkoya

Située sur le rivage de la Méditerranée, cette tribu a probablement aussi subi le tremblement de terre. Les pièces mises en vente sont des barattes, de grands plats, des écuelles, et des jarres singulières par leur forme arrondie en terre ocre. Le décor minéral (oxyde de manganèse) fait d'epis, de croix et de points, monochrome, est réalisé avant cuisson.
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Lundi 13 novembre 2006
Le premier outil de l'homme fut la main. Elle fabriquait tout ce que la vie quotidienne exigeait. C'est ainsi que la poterie nous renvoie à nos origines.

Elle nous donne des indications sur le mode de vie, les occupations, les activités, les coutumes, les croyances et les échanges commerciaux de nos ancêtres. Des spécialistes ont découvert qu'elle a des origines millénaires, 6000 à 9000 ans avant J.-C. Les plus anciennes poteries découvertes au Maroc, et qui se trouvent au Musée de Rabat, datent de 3800 avant J.-C. Ce sont les poteries néolithiques de Rouazi - Skhirat.

Actuellement, les potiers et potières continuent à réaliser cette forme de poterie rustique, archaïque et fonctionnelle, mais d'une telle pureté que des céramistes contemporains pourraient l'envier.
En Europe, cette poterie modelée a disparu dès le XVIe siècle.

Par sa morphologie et son décor, c'est une forme d'art millénaire, riche d'enseignements et de témoignages. Elle véhicule encore des motifs de décoration protohistorique dont la signification est sans doute oubliée mais que la mémoire collective a fidèlement gardée. Elle est utilisée dans les villages et le surplus est vendu dans les souks ; mais l'arrivée du plastique et de l'aluminium tend à la faire disparaïtre.

Pour préserver ce patrimoine, il est souhaitable de le faire connaïtre, de l'encourager, de favoriser sa production en lui donnant de nouveaux usages et débouchés.

La poterie rurale féminine dans le Nord marocain est spécifique aux régions rurales et montagneuses où l'appartenance à une tribu se maintient fortement dans la mémoire culturelle des potières. Les contraintes du milieu font de ces communautés des entités très contraignantes qui ont leur culture, leurs coutumes et leur poésie ; elles sont intégrantes, protectrices et conservatrices mais castratrices quant à l'innovation et à l'initiative individuelle.

Cette poterie est attachante par son authenticité. Les femmes façonnent l'argile à la main, montent aux colombins sur un fond plat, décorent avec un pinceau rudimentaire et cuisent dans une excavation à l'air libre ou dans un four construit en argile. Les hommes potiers, étant à une époque peu appréciés, cédèrent leur métier à leur femme et se chargèrent d'aller vendre les poteries au souk ou le long des routes.

Ces poteries sont fonctionnelles, d'une extrême simplicité, éclatantes dans leurs couleurs naturelles. Leurs formes ressemblent étrangement à celles de la production grecque, phénicienne et carthaginoise. Certaines sont décorées, d'autres non.


La poterie décorée

Les décors sont à base de matières végétales (lentisque ou caroubier), minérales (manganèse) de terre colorée (engobe) blanche, ocre, rouge et brun foncé.
Les motifs sont géométriques ou stylisés ; ce sont des altérations de dessins figuratifs qui se sont graduellement schématisés - croix, triangles, losanges, chevrons, courbes, carrés magiques, cercles cosmiques, lignes bris"ees. Ces motifs symbolisent la terre, le feu, l'air, les végétaux et les animaux à connotation reptilienne ou aquatique.

Parmi ces motifs, une simple silhouette stylisée d'un personnage aux bras en croix, penché sur un sorte de galère phénicienne, nous renvoie au périple d'Hannon en 450 avant J.-C. Par ce dessin traditionnel, les potières nous perpétuent cette épopée qu'elles ignorent.
Exemple. Le petit hallab à la barque de la tribu des Beni-Ouriaghel et des Guesnaya (Al Hoceima).

La poterie non décorée

Vendue à des prix dérisoires le long des routes, elle mérite aussi notre attention. Les artisanes qui la façonnent sur le pas de leur porte travaillent à la perfection.
Leurs pièces pourraient équiper toute une cuisine : bougeoirs, cruches, pichets, amphores, gourdes, pots à lait, gobelets, bols, soucoupes, saladiers, plats et marmites de toutes dimensions...
Elles sont modelées à la main suivant la technique du colombin, lissées à l'aide d'un bout de bois, d'un morceau de cuir ou d'un galet. La moindre petite pièce est bien façonnée, nerveuse, symétrique tout en gardant la marque de la chose "fait main". Et de plus, elles supportent aussi bien la chaleur que le gel (four, micro-onde, lave vaisselle).
Exemple : La vaisselle de la tribu des Beni-Saïd (Oued Laou)
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Lundi 13 novembre 2006
Boutique "Terres de Femmes"
Complexe des Potiers - Oulja
SALÉ
MAROC
Tél : 00 212 (0)68 59 51 80
email : terresdesfemmes@yahoo.fr

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